mercredi 27 janvier 2010

Istanbul à travers les âges

Capitale européenne de la culture pour 2010, Istanbul, la « vieille cantatrice couverte de gloire » célébrée par Cocteau, nous a conté cette année les siècles qui l’ont vue entremêler sous sa peau Orient et Occident. L’exposition qui lui est consacrée au Grand Palais retrace cette histoire depuis ces origines.

Grâcieuse cité héllènistique, Byzance devient, un jour de 324, le siège de l’empereur romain d’Orient, Constantine, qui en fait une nouvelle Rome. La postérité la baptisera Constantinople. Pendant un temps, la ville est la vitrine dorée de l’empire, Justinien y reconstruit la basilique Sainte Sophie, dont on peut encore observer les magnifiques mosaïques. Puis vient une période troublée, celle de la crise des images. La nature du Christ, humaine ou divine, est longuement débattue, et est motif d’affrontements.

Les croisés s’emparent finalement de la ville en 1204, la mettant à sac, avant que, deux siècles et demi plus tard, Mehmet II le conquérant en fasse une splendide musulmane, et y installe un palais enchanteur, inspiré des tentes nomades, celui de Topkapi, sur les rives du Bosphore. Mais c’est sous le règne de Soliman le magnifique, au XVIe siècle, que l’architecte Sinan réalisera les majestueuses mosquées qui ponctuent aujourd’hui le visage de la ville, de leurs douces coupoles et de leurs élégants minarets.
C'est cette histoire mouvementée que narre pour nous le Grand Palais.
Après les statuettes, stèles et bijoux romains, châsses byzantines d’or et de pierres précieuses, l’imposant escalier de la Tour vénitienne de Galata nous conduit vers un ciel de coupoles au premier étage. Là, on plonge dans l’Istanbul de Topkapi, avec les caftans de ses princes et ses corans. L’exposition se clôt avec les objets découverts lors des dernières fouilles organisées pour le percement d’une ligne de métro, et les visages des habitants qui peuplent aujourd’hui cette ville millénaire. Après le luxe des princes, c’est un retour au quotidien avant de prendre le chemin de la sortie. Et si le visiteur souhaite prolonger un peu son voyage, il peut découvrir ou redécouvrir littérature et cinéma turcs à la librairie du musée…

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