
Un peplum qui n'a pas fait l'objet d'une promotion aussi appuyée que Gladiator, pour n'en citer qu'un, mais qui a pourtant le mérite de faire réfléchir.
Agora nous transporte dans l'Egypte du IVe siècle. Les chrétiens prennent de plus en plus d'importance dans une Alexandrie cosmopolite et multiculturelle. Contrairement à l'ouverture manifestée par les religions polythéistes aux nouveaux dieux, le dieu des chrétiens est un et n'en tolère pas d'autres. Les adeptes de la nouvelle religion d'Empire se montrent donc particulièrement intolérants, et finissent par s'emparer du pouvoir. Parmi les victimes de ce renversement, nous suivons la philosophe Hypatie, qui voit d'abord la célèbre bibliothèque alexandrine pillée, avant d'être mise à mort comme sorcière. Aux lumières greco-romaines vont succéder plusieurs siècles d'obscurantisme...
Au-delà du charme du décor et des effets spectaculaires, Agora pose plusieurs questions :
-Celle des impacts sociaux que peuvent avoir de nouvelles croyances, quand celles-ci se font dogmatiques et sectaires.
-Celle des rapports entre croyances et pouvoir. (Croyances et valeurs partagées sont de puissants appuis pour affirmer son pouvoir)
-Celle de la place des scientifiques dans la société. Leur participation semble indispensable, de même que la diffusion des savoirs.
-Celle de l'exclusion et de la soumission des femmes. Les plus misérables y trouvent satisfaction en institutionnalisant la moitié de la population comme plus misérable qu'eux.
Plus qu'un peplum, Agora porte un regard critique sur des points de vie en société déterminants, et toujours d'actualité.
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