dimanche 17 mai 2009

Lippi...et la peinture prend vie

Chez Lippi, le thème est peu novateur, certes. Vierge à l’enfant, sainte famille, présentation au temple…les sujets bibliques s’enchaînent en une litanie bien orchestrée. Il faut donc se tourner vers le traitement de ces sujets déjà vus et revus pour comprendre tout l’intérêt des œuvres du maître florentin. Son art, comme sa vie, reflètent toute la truculence et l’intérêt renouvelé pour l’homme et le monde terrestre, qui font la gloire de la Renaissance.

Filippo Lippi naît à Florence en 1406. Très jeune, il est placé au couvent des Carmes et doit prononcé ses vœux de chasteté, pauvreté et obéissance. Vous l’aurez compris, il ne s’agissait pas là d’une vocation. A vingt ans, il s’attire déjà les foudres épiscopales pour ses frasques bien peu monacales. Et finalement, devenu chapelain du couvent Sainte Marguerite du Prato, à quarante-six ans, il séduit une jeune nonne, qu’il enlève lorsqu’il apprend qu’elle est enceinte. C’est ainsi que voit le jour Filippino, qui suivra la même carrière de peintre que son illustre père.
Cette histoire se termine bien car Filippo bénéficiait déjà de l’appui de puissants mécènes, dont le grand Cosme de Médicis, qui obtint du pape, son ami, qu’il libère de leurs vœux les deux religieux en fuite. Après une première vie dans les ordres, Filippo put ainsi épouser la jolie nonne qu’il avait séduite, et mener une vie de père de famille somme toute ordinaire.

Du mouvement, il y en a aussi dans son art. Les figures plates sur fond doré des maîtres des siècles précédents, si majestueuses qu’elles en deviennent bien éloignées de l’être humain, peuvent bien rester dans leurs nuages…place à la vie !

Dans un espace construit avec force colonnes, arcades et luxueux carrelages de marbres polychromes, un décor de palais romain, ce sont des êtres de chair que nous voyons, dont les vêtements drapés donnent à leur corps une dimension toute sculpturale.

La Vierge, une jeune mère aux traits fins et gracieux, tantôt sourit à son fils, tantôt lance un regard mélancolique, car déjà, elle pressent le sacrifice de son enfant.

Filippo Lippi est le maître de Botticelli, qui lui-même enseignera à Filippino et l’on trouve dans son œuvre toute la grâce et la douceur de la Naissance de Vénus.

Peintre d’une religion dans laquelle Dieu se fit homme, Lippi a su redonner de l’humanité aux saints.

Un seul mot d’ordre, donc, pour conclure : ne manquez pas l’exposition qui se tient actuellement au musée du Luxembourg jusqu’au 2 août ! Un voyage dans l’Italie lumineuse et vivante de la Renaissance en plein cœur de Paris…

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