
Après sept ans d’absence, les voici de retour ! Un retour assez épique… Le 12 avril, concert annulé, Dolores n’a plus de voix, elle est obligée de reporter une partie de sa tournée. C’est donc plus d’un mois après que le groupe irlandais arrive finalement sur la scène du Zénith, pour retrouver son public fidèle.
« Les Cranberries, c’est vieux ! » m’a dit une collègue, il y a quelques mois. Le soir venu, je lui donne raison, mais je ne regrette pas d’être là. C’est toute ma vie qui semble défiler dans les airs bien connus qui s’enchaînent. Ce que je ne savais pas, c’est qu’un ami irlandais était dans la salle, lui aussi. Lui aussi assouvissait un rêve de jeunesse, en écoutant, depuis la fosse, un de ces groupes rock qui ont fait la gloire de son pays.
Dolores semble toute petite sur cette grande scène, le cheveu ras, le brun s’étant substitué à Ses mèches platine des années 90. Mais, avec sa tenue un brin punk, cela lui va bien. Qu’est-elle devenue, pendant cette longue absence, loin de la scène parisienne ? Elle ne manque pas de nous le dire, non sans fierté, sur le ton de la confidence, comme si nous nous retrouvions, vieux camarades, après toutes ces années : « J’ai quatre enfants, maintenant » annonce-t-elle entre deux chansons, au début du concert.
Pas mal, la double vie de Dolores ! Mère de famille nombreuse le jour, et rockeuse la nuit…Elle m’épate ! Mais, elle n’a pas tant changé, à vrai dire. Toujours cette même voix, reconnaissable entre mille, qu’elle crie « Zombie » ou nous susurre une de ses ballades…
Je repars heureuse de cette rencontre, de ce voyage éclair dans le temps, grâce auquel une continuité rassurante affirme sa place, face au tumulte et aux révolutions, si modestes soient-elles, de ces années.